ATTRIBUÉ À GEÓRGIOS KLÓNTZAS (1530-1608)
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ATTRIBUÉ À GEÓRGIOS KLÓNTZAS (1530-1608)

La Crucifixion

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ATTRIBUÉ À GEÓRGIOS KLÓNTZAS (1530-1608)
La Crucifixion
tempera et huile sur panneau, cintré dans la partie supérieure
dans un cadre intégral
16,5 x 13 cm. (6 ½ x 5 1⁄8 in.)
Provenance
Johann Anton Ramboux (1790-1866) ; sa vente, Lempertz, Cologne, (Me Heberle), 23 mai 1867, lot 284 (comme 'Imitation neo-grecque. Revers d'un triptyque: le Crucifiement du Christ').
Collection particulière, Belgique.
Further details
ATTRIBUTED TO GEÓRGIOS KLÓNTZAS, THE CRUCIFIXION, TEMPERA AND OIL ON PANEL, ARCHED-TOP, IN AN INTEGRAL FRAME

George Klontzas (circa 1535-1608) belonged to the Cretan school of painting. This was deeply influenced by Venetian trends from the 15th to 17th centuries, as the island belonged to the Venetian Republic until the Ottoman invasion of 1645. This period, known as the 'Cretan Renaissance', saw the Byzantine motifs and iconographic codes of the Orthodox Church mixed with those originating in the Serenissima; associated in the 16th century with the figures of Titian (1488/1490-1576), Tintoretto (1518-1594) and Veronese (1528-1588).

In this jewel-like painting, Klontzas treats the Crucifixion, an iconographic subject dear to both the Orthodox and Roman Churches, in the manner of an icon, its small format implying that it was an object of private devotion. This post-Byzantine heritage is combined with motifs from Venetian painting, such as the horsemen and their mounts, and the bell tower in the background – all reminiscent of the Crucifixion by Vivarini (active around 1415-1480) in the Art Museum of Ravenna. Our Crucifixion can also be compared with that of another painter who left his mark on the Cretan Renaissance, Georgios Markazinis (active in the 17th century), which also features a cityscape in the background (Istituto Ellenico di Studi Bizantini e Postbizantini di Venezia, Venice).

The treatment of the drapery, with its accentuated folds, and of the figures in the foreground - including the Virgin and Saint John - recalls that of El Greco (1541-1614) in his icon of the Dormition of the Virgin (fig. 1), still in its eponymous church in Ermoúpoli. This is not surprising, as the two painters definitely knew one another; in 1564, Klontzas was hired by El Greco to estimate an icon (M. Constantoudaki, 'Klontzas, Georgios c. 1535-1608', in G. Speak, Encyclopedia of Greece and the Hellenic Tradition, Abingdon-on-Thames, 2021, II, p. 893).

The provenance of this small panel is also worth noting, as it appeared in the posthumous sale of Johann Anton Ramboux (1790-1866), who, as the catalogue of his sale states, was the 'Curator of the Cologne City Museum' at the end of his career. Born in Trier, Prussia, he quickly discovered a talent for drawing that enabled him to join the Paris studio of Jacques-Louis David (1748-1825) in 1812. On the strength of this training, he entered the Academy of Fine Arts in Munich in 1815 before moving to Rome the following year. In the Eternal City, he frequented the Nazarene milieu. This first Italian sojourn (1816-1822) left its mark on Ramboux, who returned to live there a decade later. Here he painted in all genres - religious scenes, genre scenes and landscapes, as well as making a number of copies of Renaissance works. The Museum Kunstpalast in Düsseldorf has an interesting copy by Ramboux of Saint Francis of Assisi Receiving the Stigmata by Giotto (1267-1337) (inv. no. R50). His appointment to Cologne in 1844 as head of the collection of Ferdinand Franz Wallraf (1748-1824) – now the Wallraf Richartz Museum – eventually led him to return to Prussia. Ramboux's career perfectly exemplifies the 'connoisseur-artist' so highly revered in the Nineteenth Century.

Brought to you by

Olivia Ghosh
Olivia Ghosh Associate Specialist

Lot Essay

Georges Klontzas (vers 1535-1608) appartient à l’école de peinture crétoise, marquée du XVe au XVIIe siècle par l’influence de Venise, l’île étant alors, et ce jusqu’à l’invasion ottomane de 1645, une possession de la République vénitienne. Cette époque, qualifiée dans les arts de ‘Renaissance crétoise’, voit les motifs et codes iconographiques byzantins de l’Église orthodoxe se mélanger à ceux de la peinture de la Sérénissime, associée au XVIe siècle aux figures du Titien (1488/1490-1576), du Tintoret (1518-1594) et de Véronèse (1528-1588).

Dans ce joli petit tableau, Klontzas traite la Crucifixion, sujet iconographique cher aux Églises orthodoxe et romaine, à la manière d’une icône : son petit format en fait un objet de dévotion. Cet héritage post-byzantin se mêle aux motifs iconographiques de la peinture vénitienne, tels que les cavaliers et leur monture, et le clocher à l’arrière-plan – rappelant la Crucifixion de Vivarini (actif vers 1415-1480) conservée au musée d’art de la ville de Ravenne. Notre Crucifixion peut être rapprochée aussi de celle d’un autre peintre ayant marqué la Renaissance crétoise, Georgios Markazinis (actif au XVIIe siècle), où l’on retrouve également un paysage urbain à l’arrière-plan (Istituto Ellenico di Studi Bizantini e Postbizantini di Venezia, Venise).

Le traitement des drapés sinueux, aux plis accentués, des figures du premier plan – incluant entre autres la Vierge et saint Jean – rappelle ceux du Greco (1541-1614) dans son icône de la Dormition de la Vierge (fig. 1) conservée dans l’église éponyme d’Ermoúpoli. Les deux peintres se sont d’ailleurs connus : en 1564, Klontzas fut embauché par le Greco pour évaluer une icône (M. Constantoudaki, ‘Klontzas, Georgios c. 1535-1608’, dans G. Speak, Encyclopedia of Greece and the Hellenic Tradition, Abingdon-on-Thames, 2021, II, p. 893).

Il convient également de noter la provenance intéressante de ce petit panneau. Il figure à la vente après-décès de Johann Anton Ramboux (1790-1866) dont la page de titre du catalogue de vente rappelle la dernière fonction : ‘Conservateur du Musée de la ville de Cologne’. Né à Trèves, en Prusse, il lui est rapidement découvert un talent pour le dessin qui lui permet d’intégrer l’atelier parisien de Jacques-Louis David (1748-1825) en 1812. Fort de cette formation, il entre à l’Académie des beaux-arts de Munich en 1815 avant de déménager à Rome l’année suivante. Dans la ville éternelle, il fréquente le milieu nazaréen. Ce premier séjour italien (1816-1822) marquera Ramboux qui retournera y vivre une dizaine d’années plus tard. Là-bas, il s’adonne en peinture à tous les genres – scènes religieuses, scènes de genre, paysages et copies de la Renaissance. Le Museum Kunstpalast de Düsseldorf possède par exemple une intéressante copie par Ramboux de l’œuvre de Giotto (1267-1337), Saint François d'Assise recevant les stigmates (no. inv. R50). Il se constitue egalement une importante collection de tableaux. Sa nomination à Cologne en 1844 à la tête de la collection de Ferdinand Franz Wallraf (1748-1824) – aujourd’hui le musée Wallraf Richartz – l’amène finalement à revenir en Prusse. Par son parcours, Ramboux s’inscrit parfaitement dans la lignée des ‘artistes-connoisseurs’ si chers au XIXe siècle.

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